Comment une femme est morte d’une petite coupure faite en jardinant

À 43 ans, Lucinda Smith a tout pour être heureuse. Elle vit en Angleterre, à Billericay, avec ses enfants, George, 6 ans, et Megan, 9 ans. Si elle se consacre beaucoup à eux, elle trouve toutefois du temps pour ses passions, dont le jardinage. Elle se promène dans son jardin, s’occupe de ses fleurs et respire l’odeur de la terre.

Mais un jour, Lucinda se trouve prise de violentes douleurs à l’épaule et de vomissements. Elle consulte un médecin généraliste qui l’informe qu’elle a un nerf coincé et lui prescrit des antidouleurs. Il lui conseille également d’aller voir un physiothérapeute. Celui-ci lui explique qu’il ne peut rien faire tant qu’elle souffre autant et lui demande de « revenir dans une semaine ou deux ».

Mais l’état de Lucinda empire. Ses doigts deviennent rouges et gonflés. Trois jours après l’apparition des douleurs, elles sont tellement insupportables qu’elle se rend aux urgences de l’hôpital Balsidon. Le médecin qui l’examine lui prescrit aussitôt une prise de sang.

Moins d’une heure plus tard, le diagnostic tombe : Lucinda est atteinte d’une septicémie, une infection très sérieuse qui se propage depuis le foyer infection dans tout le corps par voie sanguine. Après réflexion, Lucinda se souvient qu’elle s’est égratignée la main en faisant du jardinage juste avant l’apparition des douleurs. Elle réalise aussi que les erreurs de diagnostic du médecin et du physiothérapeute ont retardé le début du traitement.

À l’hôpital, on la place aussitôt sous antibiotiques par voie intraveineuse. Mais après sa première nuit, son état s’aggrave au point qu’elle est placée en soins intensifs et qu’on augmente sa dose d’antibiotiques. Son état se détériore encore et elle doit être placée sous respirateur artificiel. Pour ses enfants, qui avaient une mère en parfaite santé quelques jours plus tôt, c’est un choc terrible.

Cinq jours seulement après le début des symptômes, l’état de Lucinda s’aggrave encore, malgré les efforts des médecins. Ses organes lâchent l’un après l’autre et Lucinda finit par décéder. Ses enfants, sous le choc, ne peuvent que contempler la petite coupure sur la main qu’elle s’était faite cinq jours plus tôt en jardinant.

Le cas de Lucinda est malheureusement loin d’être isolé. Une personne décède toutes les quatre secondes dans le monde des suites d’une septicémie. Rien qu’en France, ce type d’infection fait 70 000 morts par an.

La famille de Lucinda, qui n’en avait jamais entendu parler, a été totalement désorientée par sa disparition très brutale. Sa mère et sa sœur militent désormais pour sensibiliser les médecins et le grand public à la septicémie, afin que de pareilles erreurs de diagnostic ne se reproduisent plus. Pour perpétuer la mémoire de leur fille et sœur, elles ont inauguré un « Jardin de Lucie ».

Chacun d’entre nous doit se montrer vigilant et ne pas prendre à la légère les symptômes qui suivent une « petite » coupure, tels que décrits ci-dessus.